Je ne suis pas du tout une de ces personnes qui a toujours rêvé d’aller en Inde. Loin de là. Pendant les vingt premières années de ma vie je savais à peine que l’Inde existait, et l’idée d’y aller ne me serait jamais passée par la tête. Mes pires matières à l’école étaient l’histoire et la géographie. Mon cerveau ne semble simplement pas fonctionner pour ces sujets car j’ai toujours été incapable de me souvenir des faits qui ne me concernent pas directement. Je ne retenais jamais les événements et les dates passés, et j’ai toujours du mal à situer les endroits du monde à moins de les avoir visités! Dans mon esprit, « Gandhi » et « yoga » étaient des termes très vagues attachés à aucune véritable connaissance ou signification… Cet article est l’édition d’un texte que j’ai écrit en septembre 2012 sur comment j’ai pris conscience de l’Inde.

Vie au Royaume Uni et camarades indiens

Me at the end of the Wave Gotik Treffen Festival (Leipzig, Germany, 2002)

Fin du Wave Gotik Treffen (Leipzig, Allemagne, 2002)

J’ai goûté la nourriture indienne pour la toute première fois dans un restaurant à Londres lors d’un échange scolaire quand j’avais dix-sept ans. Je n’avais jamais mangé épicé avant, et ce fut une expérience assez intense. Je ne me souviens pas du tout de ce que j’ai mangé mais je me rappelle encore de la serviette chaude citronnée qu’on nous a servi à la fin du repas pour se laver les mains, car c’était vraiment agréable.

The Indian dress style was very uncool when I was a Goth - CC0 / Public Domain

Mais quelle tenue ringarde pour une goth ! – CC0 / Public Domain

Cinq ans plus tard, en 1998-1999, j’ai passé la cinquième année de mon diplôme de Management à l’Université de Leeds en Angleterre. La population indo-pakistanaise est importante au Royaume-Uni et il y avait beaucoup d’Indiens parmi les étudiants de mon master. Certains d’entre eux étaient peut-être pakistanais mais je ne faisais pas la différence. J’ai peu de souvenirs sur eux, si ce n’est que nous n’avions pas grand-chose en commun et que je ne savais jamais trop quoi leur dire. En fait, je passais très peu de temps avec mes camarades de classe car à l’époque j’étais gothique, et dès que je pouvais je préférais passer mon temps avec d’autres goths, qui étaient tellement plus cool ! Pendant dix ans de ma vie et quasiment toute ma vingtaine, je ne portais que du noir et je n’aimais pas DU TOUT le style vestimentaire des Indiennes de ma classe. C’était comme – toutes ces couleurs, AU SECOURS !!! Je sais que c’est difficile à imaginer pour les gens qui me connaissent aujourd’hui bien que j’aime toujours porter des couleurs sombres. Vous me reconnaissez sur ces photos, vous ? Il y avait autre chose que je n’aimais pas chez mes camarades indiens : c’était leur l’accent anglais ! J’étais dingue de l’Angleterre et j’adorais la sonorité arrondie de l’anglais britannique, tandis que pour mes oreilles l’accent des Indiens était criard, moche et énervant. Je m’en souviens encore, un des gars de ma classe s’appelait Farhat. Tout le monde l’appelait « Fart » (« pet » en anglais) et je me disais « Le pauvre! »…

Un petit ami anglais d’origine indienne

« Kud̩i » du nord de l'Inde

« Kud̩i » du nord de l’Inde

Un autre élément qui m’a fait prendre conscience de l’Inde, c’était mon petit copain anglais, N., que j’ai rencontré au festival Infest en 1999. Sa grand-mère paternelle, originaire du Sud de l’Inde, était tombée amoureuse d’un Anglais pendant la Colonisation avec qui elle s’était mariée. Elle avait quitté l’Inde pour s’installer au Royaume-Uni avec lui après s’être convertie au christianisme. Le père de N. avait quitté l’Inde à l’âge de quinze ans et n’y était jamais retourné. N. n’était jamais allé en Inde et ne connaissait presque rien de sa culture, mais il me disait parfois qu’il aimerait m’y emmener un jour avec ses parents. Il adorait aller manger au restaurant indien et cuisiner des plats épicés. J’appréciais sa cuisine, mais ça m’énervait qu’elle soit toujours si épicée et j’avais l’impression que je ne m’y habituerais jamais ! Aujourd’hui, je sais que ses plats « indiens » n’avaient pas grand chose à voir avec les plats indiens de l’Inde. D’ailleurs, le mot « curry » est un terme générique qui désigne tous les plats indiens en général, alors qu’en Inde (ou du moins dans le nord du pays), le « curry », ou plus précisément « kud̩i », est un plat très spécifique à base de yaourt, de farine de pois chiche, d’épices et de curcuma !

Le yoga

Première approche du yoga

J’ai commencé le yoga en 2001 à l’âge de vingt-quatre ans. Mon ami Niko, qui en faisait depuis un an, m’avait dit que j’aimerais beaucoup et ce n’est pas tombé dans l’oreille d’une sourde, parce que j’avais toujours eu du mal à trouver un sport qui me convienne. J’avais essayé diverses disciplines que je n’arrivais jamais à tenir pendant longtemps : danse, natation, jogging, ou alors des mouvements de gym que je faisais toute seule dans ma chambre en me disant que je continuerais tous les matins, mais que dès le lendemain je me sentais toute nulle de refaire alors j’abandonnais.

How I became aware of India : Lotus posture, Rishikesh 2008

Comment j’ai pris conscience de l’Inde : position du lotus, Rishikesh 2008

Avant que Niko me parle de yoga, tout ce que j’avais en tête au sujet de cette discipline mystérieuse, c’était l’image typique de quelqu’un assis en position du lotus et une idée stupide qui me disait que le yoga était pour les gens bizarre. Je savais à peu près que le yoga venait d’Inde, mais de ce que je connaissais du pays (des tenues vestimentaires ringardes, un accent anglais énervant et une nourriture bien trop épicée pour moi) je n’étais pas du tout attirée ! En réalité je ne savais pas du tout ce qu’était le yoga, et quand Niko m’a dit que j’adorerais ça, je m’en suis voulue d’avoir un tel jugement de valeur conditionné pour opinion.

J’ai commencé le yoga dans une salle de gym, et lors de ma toute première séance, la prof nous a dit de nous mettre en position debout et de sentir le contact de nos pieds avec le sol. J’ai trouvé ça absolument génial, et je me suis sentie bête de n’avoir jamais pensé à le faire plus tôt ! Quelques mois plus tard, je me suis inscrite dans le magnifique Edinburgh Iyengar Yoga Centre pour y prendre des cours une fois par semaine pendant les sept années suivantes. Pendant les trois premières années, le yoga n’était pour moi qu’un exercice physique, mais cela me faisait beaucoup de bien. C’était un sentiment tout neuf : après chaque cours je me sentais plus légère et plus libre dans mon corps.

Approfondissement du Yoga

Ce n’est qu’après avoir quitté N. que j’ai commencé à approfondir les choses et à étudier le Yoga avec un grand Y, grâce à un autre ami. À l’époque, j’étais secrétaire en université et chaque été j’avais tellement peu de travail à faire que je devais faire semblant de travailler, en face de mon ordinateur pendant huit heures par jour. Tout l’été 2004 j’en ai profité pour passer tout mon temps sur Internet à étancher ma soif de philosophie yogique et de bouddhisme ! J’ai dévoré la philosophie, la psychologie et la pratique du yoga de Swami Chidananda et la plupart des articles de yogajournal.com. J’ai appris énormément et j’ai adoré ce que j’ai appris. Cela résonnait dans mon cœur, mettant des mots sur plein de choses que j’avais toujours sues au plus profond de mon être sans jamais avoir su les exprimer clairement. J’ai commencé à pratiquer le yoga chez moi, puis la méditation sur la respiration et plus tard la Vipassana. J’ai dévoré aussi plein de livres sur le bouddhisme, le zen et l’ayurveda… Et en août 2005 je suis partie pour la première fois en Inde avec Niko.

Ma TOUTE première conception de l’Inde, en fait !

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En fait, ma toute première conception de l’Inde a eu lieu encore plus tôt. Bizarrement, je l’avais complètement oublié mais c’est revenu à ma mémoire en un éclair, il y a seulement quelques années. J’en ai une image très vague à l’esprit. Je devais avoir environ dix ans et c’était dans le magazine pour enfants auquel j’étais abonnée, J’aime Lire ! Je crois que c’était dans l’une de leurs nouvelles à la fin, une petite bande dessinée ou peut-être une partie culturelle. Tout ce que je me rappelle, c’est que j’y avais appris que les Indiennes enveloppaient leur corps dans un très long tissu qui leur servait de vêtement, le sari ! Je me souviens avoir trouvé l’idée simple et pratique. Cette minuscule notion a sans doute duré quelques minutes avant de se perdre au fin fond de ma mémoire, et j’étais stupéfaite de découvrir, au moins vingt-cinq ans plus tard, qu’elle n’était pas complètement perdue…

En savoir plus : A propos de moi & Ma première fois en Inde

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