Vous voulez savoir en quoi le violon indien diffère du violon occidental, en quelques mots? Je vous le dis ici.

« Le but de la musique indienne n’est pas de créer un/e bon/ne chanteur/se ou un/e musicien/ne capable de se produire en concert et de gagner sa vie. La musique indienne est une nouvelle prise de conscience qui vient aux personnes qui cherchent paix ou tranquillité dans leur vie. » ~ Anonyme

Violon indien : Varanasi, février 2012

Violon indien : Varanasi, février 2012

Violon indien : Posture

En Inde, le violon est joué assis en tailleur. Il est tenu dans le même sens (manche vers le bas) que le violon occidental, mais sa tête est placée sur le pied droit et son corps repose sur la partie gauche du sternum. J’adore cette posture, premièrement car je trouve le violon plus stable sans contrainte sur le cou, deuxièmement parce que cela donne plus de liberté aux doigts pour glisser sur les cordes, et finalement car la position assise en fait (pour moi) encore plus une forme de méditation.

Violon indien : Accord

Violin indien : Varanasi - décembre 2014

Violin indien : Varanasi – décembre 2014

Les notes du système de musique indienne sont sa, re, ga, ma, pa, dha et ni, qui correspondent aux notes occidentales do, , mi, fa, sol, la et si. Une différence majeure de la musique indienne par rapport à la musique occidentale, c’est que les notes indiennes sont relatives, ce qui signifie que quelle que soit la clé dans laquelle un instrument est accordé ou dans laquelle on chante, la première note de la gamme, ou plus exactement la première note d’un râga c’est toujours sa. Sa est donc toujours la tonique.

Au lieu de sol, , la et mi, les cordes du violon sont accordées (relativement, donc) en sa, pa, sa, pa, qui correspondent le plus souvent à , la, , la ou #, la#, #, la# (absolus). Le violon indien est ainsi accordé plus bas que le violon occidental.

Violon indien : Technique

Ce qui créé la sonorité typique de la musique indienne c’est que l’on glisse entre les notes. Ainsi les doigts ne sont pas aussi ancrés qu’ils le sont sur le violon occidental.

On peut faire glisser des doigts sur les cordes de deux façons différentes, soit en utilisant un doigté similaire au doigté occidental, soit en collant l’index au majeur et en n’utilisant que cette combinaison index-majeur pour toutes les notes. Personnellement j’adore glisser sur les cordes, car je constate que cela crée une connexion encore plus profonde entre les notes de musique et les doigts, entre le son et le corps. A mon sens cela rapproche encore plus le violon du chant.

Relation avec l’enseignant : guru-shishya parampara

Guru-shishya parampara signifie littéralement « tradition enseignant-disciple ». Dans cette ancienne tradition indienne, la relation entre enseignant et élève est beaucoup plus forte qu’en Occident. Le gourou est plus qu’un enseignant et le disciple plus qu’un élève. Pour en savoir plus sur mon expérience de guru-shishya parampara, vous pouvez lire mon article sur lafoi en le gourou (bientôt…)

Essence de la musique indienne

Aux pages 18 et 19 de sa magnifique œuvre The Music Room, Namita Devidayal écrivait (ma traduction) :

« Des différences profondes apparaissent entre les systèmes de musique occidentaux et indiens, qui reflètent les processus de pensée opposés qui animent l’Ouest et l’Orient.

L’ancienne position occidentale sur la musique était qu’elle était composée de motifs sonores avec des intervalles mélodiques réguliers reflétant les rapports simples par lesquels le monde est organisé et a un sens pour nos organes de perception. La théorie occidentale s’articule ainsi autour d’idées perceptibles et rationnelles que l’esprit humain peut voir, reconnaître et justifier.

La musique indienne est basée sur une hypothèse fondamentalement différente : il existe une réalité continue, invisible et en constante évolution, qui constitue la toile de fond de toute action et perception humaine. C’est ce qui façonne notre karma ou notre destin et aide à expliquer pourquoi des choses apparemment inexplicables nous arrivent.

Pinterest : violon indien

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Les notes de la musique indienne ne sont donc pas des entités catégoriques, séparées et autonomes, mais sont reliées par un continuum subtil et insaisissable de notes qui peuvent à peine être identifiées par l’oreille humaine. Au sens métaphysique, elles font partie de cette réalité qui dépasse la perception. Ces notes intermédiaires s’appellent shrutis et constituent l’essence de la musique indienne.

Dans un sens très littéral, ces shrutis sont les demi-notes et les quarts de notes qui remplissent les intervalles entre deux notes. Mais c’est une description grossièrement incomplète. Les shrutis sont beaucoup plus que cela, car ils peuvent changer complètement la réalité des notes. Par exemple, la façon dont vous atteignez une note particulière est aussi importante que la note elle-même. On peut arriver par en-dessous ou par au-dessus, après avoir caressé la note cachée qui se trouve à côté d’elle, et cela provoquera une sensation complètement différente que si le/a musicien rencontrait directement la note. »

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Pour m’entendre jouer du violon, cliquez ici.

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