Ma rencontre avec mon mari a eu lieu en 2005, lors de mon tout premier voyage en Inde.

Rencontre avec mon mari : Première fois en Inde

Je voyageais dans le nord de l’Inde avec mon ami Niko pendant un mois, et je pense toujours aujourd’hui que notre rencontre avec Kishan était un miracle. Nous étions au milieu de nulle part au centre de l’Inde rurale, et si quelqu’un m’avait dit alors qu’il deviendrait un jour mon mari, mes yeux seraient sortis de leurs orbites tellement c’était impensable. Le sentiment que Niko et moi avions avec Kishan était très fort. Nous aimions tous les deux son sourire, et même si nous étions clairement encore naïfs en Inde, nous savions que Kishan était sincère. Aujourd’hui, je pense que c’est un miracle car j’ai réalisé à quel point la jeune population masculine de Khajuraho s’intéresse à la chair occidentale et surtout à son argent.

Rencontre avec mon mari : premier voyage en Inde, 2005

Rencontre avec mon mari : premier voyage en Inde, 2005

Pendant nos quatre jours à Khajuraho, nous avons passé tout notre temps avec nos nouveaux amis, à nous ballader en vélo dans la campagne environnante, à visiter les petits villages à proximité, à parler de la vie… Je n’ai même pas visité les célèbres temples Kama Sutra car j’étais malade le jour où Niko est allé les voir avec Kishan et son copain. Ces quatre jours ont certainement fait partie des moments les plus forts de ma première fois en Inde, car notre rencontre avec ces autochtones était vraiment spéciale.

Rencontre avec mon mari : Retour en Ecosse

Après notre passage à Khajuraho Niko et moi avons continué notre périple, et après notre retour en Europe nous sommes restés en contact avec notre « petit frère indien » par email. Ses messages pour les deux années suivantes ne contiendraient guère plus que « hello my dear sister » (« bonjour ma chère soeur »), « how is your health » (« comment vas-tu ? »), « how is your family », (« comment va ta famille ? ») ou « happy diwali » (« bonne fête de diwali »). Je devais lire les messages à haute voix deux, parfois trois fois pour comprendre le sens des mots terriblement mal orthographiés de Kishan. J’habitais à Édimbourg en Écosse à l’époque, et mon premier voyage en Inde m’avait profondément marquée. Tous les quelques mois, l’Inde revenait me hanter, à travers un concert de musique indienne au centre de yoga, un film (Water) au cinéma que j’avais adoré, une carte postale de mon « petit frère indien » dont l’odeur me renvoyait en Inde, un coup de fil sur un fond de klaxons de rickshaw… Je savais déjà que j’y retournerais pour longtemps un jour et je voulais vraiment apprendre l’hindi.

Rencontre avec mon mari : L’Inde encore, pour une année

Quand l’occasion s’est présentée, fin 2007, je suis retournée en Inde. Je ne savais pas combien de temps j’allais y rester, peut-être six mois, peut-être un an, peut-être plus. J’ai d’abord voyagé pendant deux mois dans le sud de l’Inde avec deux amis. Je me souviens très bien de mon coup de fil avec Kishan pour organiser ma venue à Khajuraho pour apprendre l’hindi immergée dans sa famille traditionnelle. Mes amis et moi étions dans un restaurant et nous mangions sur des grandes feuilles de bananier quand Kishan m’a téléphoné. J’ai dû sortir pour l’entendre car le restaurant était trop bruyant. J’ai ressenti tellement de joie en parlant avec lui ! Je lui ai demandé combien de temps je pouvais rester et il m’a dit entre deux éclats de rire irrésistibles « Un an, deux ans… ». J’avais encore le cœur brisé de ma relation précédente, et je ne savais pas trop pourquoi, je me suis dis que là-bas au moins je serais vraiment aimée. Je ne savais pas pourquoi, mais je me sentais déjà extrêmement bienvenue à Khajuraho, et c’était un énorme soulagement.

Je suis donc arrivée à Khajuraho pour la deuxième fois fin janvier 2008. Il faisait très froid après deux mois en Inde du Sud, j’avais voyagé quarante heures et je n’avais pas de vêtements adéquats avec moi. Il faisait déjà nuit quand le bus est arrivé vers 20 heures, et ce soir-là après un si long voyage, Kishan m’a réconforté instantanément. Je ne l’avais vu que quatre jours dans ma vie et pourtant je me sentais très bien accueillie ! Je ne m’étais jamais attendue à ce qu’il me serre dans ses bras, et lui aussi s’est surpris par son étreinte car il n’avait jamais serré une femme dans ses bras avant moi.

Rencontre avec mon mari : Immersion dans une famille indienne pour apprendre l’hindi

2008

J’ai passé deux mois et demi là-bas dans cette famille indienne. Kishan vivait avec sa mère, ses trois plus jeunes sœurs et son petit frère. Ma toute première impression, lors de cette première soirée sombre, c’était que la maison était totalement vide. Il n’y avait aucun meuble dans le « salon », et la cuisine était vide à part une armoire en bois délabrée et une étagère en métal contenant des ustensiles suspendus sur un mur tout blanc. Après mon arrivée, les sœurs ont commencé à faire des parathas accroupies sur le sol cimenté. Je pensais que la famille était très pauvre, mais aujourd’hui je sais que la maison était bien plus confortable que celles de leurs voisins. J’avais encore cette attitude « Mère Teresa » à l’époque, et j’étais très naïve. Je voulais aider tout le monde et il m’a fallu des mois pour comprendre que tous les amis de Kishan étaient juste intéressés par mes fesses et mes seins! Lui, par contre, ne s’était jamais intéressé pour une Occidentale.

Pendant les trois premières semaines, j’ai passé mes journées à observer et à apprendre à connaître la famille et à étudier l’hindi de mon livre « Teach Yourself Hindi » en essayant de le pratiquer avec eux. C’était très difficile au début car j’avais du mal à m’habituer à la grammaire hindi, si étrangère et si différente de la grammaire occidentale. Et à chaque fois que je posais une question à Kishan, il me disait simplement: « This is a helping word » ( « ça c’est un mot d’aide »). Mais ces deux mois et demi ont été un véritable coup de pied aux fesses pour moi, car ils m’ont forcé à pratiquer la prononciation de toutes ces consonnes, mots et phrases étranges. J’ai aussi regardé, regardé, regardé, j’ai pris des photos et des vidéos des sœurs faisant les chapatis par-terre et de la maman qui nettoyait les grains de blé et le riz. Elles se moquaient de moi quand je mangeais une banane enroulée dans un chapati en guise de crèpe au petit déjeuner, et nous rions mutuellement de nos chaussettes, elles car les miennes étaient toutes petites, et moi car les leurs ressemblaient à des mouffles. Nous échangions sourires ou grimaces embarrassées, une sœur appliquait du henné sur mes cheveux, une autre tatouait mes bras au henné, tandis que la troisième m’habillait comme une poupée pour aller à un mariage…

Rencontre avec mon mari : De plus en plus proche…

2008

2008

Pinterest : rencontre mari

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Kishan était un peu comme mon protecteur, car il était le seul à parler anglais. Je dépendais de lui pour tout : une pause dans mon hindi, de la compagnie pour aller en ville, des explications sur les coutumes et les traditions… Nous allions faire des promenades dans la campagne voisine et il me disait quel arbre était un manguier, un papayer ou un arbre de neem, et de quels animaux étaient les cris que l’on entendait. Il m’expliquait d’innombrables histoires de la mythologie hindoue (dont j’ai oublié la plupart) ou il m’amenait visiter les temples voisins. Ou bien on allait faire un pique-nique dans le champ de la ferme d’un copain pour y préparer un repas délicieux en faisant rouler les chapatis dans nos mains et les cuire sur de la bouse de vache sêchée. Un soir, un sâdhu très connu de Khajuraho est décédé en posture de méditation et Kishan m’a emmené voir son corps. Le temple était bondé et il m’a pris la main pour me protéger de la foule. Nous n’étions pas encore ensemble et c’était la dernière fois qu’il prendrait ma main à Khajuraho.

C’était incroyable de découvrir la vie familiale indienne traditionnelle avec Kishan. Plus il m’apprenait sur cette nouvelle vie, sa vie, plus nous nous sommes rapprochés. Nous avons fait tout notre possible pour résister, mais quelques semaines après mon arrivée, c’était inévitable… Et nous le cacherions complètement pendant deux ans…

La suite : notre relation secrète : développement et révélation

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