Nouvelle vie en Inde (2009)

Nouvelle vie en Inde (2009)

En octobre 2008, après un an en Inde, je n’avais toujours aucune idée de ce que je voulais faire et où m’installer, mais il fallait bien que je rentre en France puisque mon deuxième visa allait expirer. Je suis rentrée chez mon père complètement déboussolée. J’ai dû prendre les choses lentement et écouter mon cœur pour me recentrer. J’ai passé du temps avec mes amis et ma famille que je n’avais pas vus depuis longtemps. J’ai aussi passé beaucoup de temps seule, à reconstruire mon site internet, à organiser mes photos, à relire des vieux écrits et en écrire des nouveaux. Après trois mois et demi en Europe, c’était évident que je devais continuer ma vie en Inde, peut-être pour réaliser que l’Europe me manquerait moins cette fois. J’avais encore beaucoup d’argent et c’était impensable pour moi de reprendre une vie occidentale ordinaire avec un emploi ! Je devais retourner apprendre l’hindi, continuer mon aventure violonesque et ma relation avec Kishan, retrouver les enfants indiens…

Retour plus près de mon cœur

J’ai fait faire un nouveau visa de six mois et je suis retournée en Inde en janvier 2009. Direction Khajuraho car la troisième sœur de Kishan se mariait et la famille tenait à ce que je sois présente au mariage. Bien sûr je me suis remise à l’hindi sérieusement, mais cette fois je ne voulais pas le faire toute seule : je voulais trouver un enseignant. En février-mars, j’ai passé un mois à Varanasi pour reprendre des cours de violon et essayer de trouver un professeur d’hindi. Ce n’était pas facile et j’ai frappé à beaucoup de portes, mais j’ai fini par faire des gros progrès grâce à deux très bons profs. Plus important encore, je me suis rendue à l’Université Hindoue de Bénarès (Banaras Hindu University ou BHU) pour m’inscrire sur leur diplôme d’hindi en de deux ans à partir d’août 2009. Je voulais un visa étudiant de plus long terme et me forcer à mieux apprendre l’écriture du Devanagari . (Cliquez pour en savoir plus sur comment j’ai appris l’ hindi.) En parlant en hindi au secrétariat du département, j’ai pu sauter la première année de certificat pour débutants !

Banaras Hindu University entrance gate

Entrée de la Banaras Hindu University

Je voulais encore essayer de faire du bénévolat auprès d’enfants et j’ai visité plusieurs écoles et orphelinats à Rishikesh, Mussoorie et Varanasi. Je n’étais pas arrivée en Inde en début de saison alors la plupart des projets étaient déjà en cours et n’avaient pas de place pour moi. Un orphelinat à Varanasi m’acceptait comme prof d’anglais en avril-mai, mais il allait faire beaucoup trop chaud et j’ai préféré retourner à Khajuraho pour passer la saison chaude tant redoutée en compagnie de ma chère famille indienne et de Kishan ! Je suis resté là-bas jusque fin juin et j’ai quand-même donné des cours particuliers d’anglais à deux ou trois enfants pendant deux mois.

My little student in Khajuraho

Mon petit élève à Khajuraho

Nouvelle vie en Inde – Varanasi

Je suis repartie en Europe pour faire faire mon visa étudiant et un mois plus tard, mi-juillet, je suis revenue m’installer à Varanasi. La Ville de Lumière allait être ma résidence en Inde pour les sept années suivantes. Pendant les quatre premières années, j’avais une chambre dans la maison d’une belle famille brahmane près du Gange. Ma cuisine consistait en un mètre carré dans un coin séparé du reste de la pièce par une étagère en métal d’un côté et une épaisse chaise en bois de l’autre. Dans le mètre carré, il y avait ma cuisinière, ma petite bouteille de gaz, un distributeur d’eau filtrée et un pot en argile pour l’eau de cuisson non filtrée que j’allais chercher d’un robinet au rez-de-chaussée. J’adorais la simplicité de ma jolie petite cuisine et m’accroupir pour cuisiner par terre !

New life in India: my square-meter kitchen in Varanasi

Nouvelle vie en Inde : mon mètre carré de cuisine à Varanasi

Après avoir terminé mon diplôme d’hindi, je me suis inscrite en diplôme de violon à la BHU pour pouvoir garder mon visa étudiant. Je pouvais continuer à étudier la langue pendant encore deux ans en diplôme de troisième cycle, mais je la maîtrisais suffisamment et l’étude de la littérature et de la poésie ne m’intéressait pas. Je voulais consacrer plus de temps au violon. Le diplôme en violon était excellent pour me faire des amis indiens, car il m’a ouvert les portes d’un réseau social d’étudiants en musique classique indienne. Parler hindi était la clé indispensable pour fréquenter même ceux qui ne parlaient pas anglais ! (Mon diplôme d’hindi avait été un programme pour les étrangers qui ne m’a pas aidé à me faire des amis locaux.) Après quatre ans de vie en Inde, je me suis enfin fais une amie indienne, elle aussi étudiante en violon. Ce n’est pas facile de se faire des amies indiennes en Inde traditionnelle et/ou rurale, car les femmes ne sortent pas beaucoup. C’est difficile de les rencontrer, elles parlent rarement bien l’anglais et lorsqu’elles le font, elles sont très timides avec les étrangers. De plus la plupart des femmes ont peu de conversation en dehors des sujets domestiques ou cosmétiques (en savoir plus sur la condition des femmes indiennes). Avoir une amie indienne éduquée et ouverte qui partageait mon amour pour la musique, c’était tout simplement incroyable ! Je faisais également partie d’une communauté d’Occidentaux qui venaient à Varanasi pour plusieurs mois par an pour étudier la musique comme moi ou d’autres disciplines telles que la philosophie et la religion hindoues, le sanskrit et le yoga. Et j’ai rencontré plein de gens supers qui dirigeaient des ONG socio-culturelles, éducatives ou liées à la santé. Quand je pouvais je participais à certains de leurs projets, et aujourd’hui je suis toujours responsable de la communication par média pour Taaro ke Bacche.

New life in India: practising with other students and my Indian girlfriend

Nouvelle vie en Inde : Répétition de violon avec d’autres étudiants et mon amie indienne

Pendant les vacances et les festivals, je rendais visite à Kishan et sa famille à Khajuraho. Lui aussi venait à Varanasi quand il pouvait. Notre relation secrète a grandi et nous nous sommes mariés en novembre 2011.

Déménagement à Khajuraho

J’ai quitté l’université de Bénarès pendant ma deuxième année du diplôme de violon car les cours n’étaient plus satisfaisants et je n’avais plus besoin d’un visa d’étudiant après mon mariage. J’ai obtenu un visa X d’accompagnement du conjoint pour l’année suivante, et en juin 2014, j’ai obtenu une carte PIO. J’ai continué à vivre à Varanasi et à étudier le violon indien, mais Sukhdev tournait de plus en plus et était moins disponible, alors progressivement j’ai commencé à passer de plus en plus de temps à Khajuraho. Mes économies s’épuisaient lentement et il était clair que je ne pourrais pas continuer ma vie en Inde entre deux villes plus longtemps, car cela signifiait que je ne pouvais démarrer aucun projet sérieux. J’avais vraiment besoin de gagner de l’argent. J’aidais la famille de Kishan depuis le début car la vie est dure à Khajuraho et leur boutique d’artisanat ne les soutenait plus depuis bien des années, mais cela ne pouvait pas continuer. En quelques années et avec mon aide, Kishan a fait beaucoup de travaux dans la maison familiale. En particulier il a ajouté des vitres et des moustiquaires aux fenêtres, changé toute la tuyauterie et installé un réservoir d’eau sur le toit pour améliorer l’approvisionnement en eau. Il a construit une chambre supplémentaire, fait faire une salle de bain avec toilettes occidentales et douche chaude, et en novembre 2014 nous avons ouvert notre maison d’hôtes.

Homestay room

Chambre dans notre maison d’hôtes

Depuis, je suis basée à Khajuraho avec ma famille indienne et je vais à Varanasi de temps en temps quand je peux. La vie en Inde n’est pas facile financièrement mais elle s’améliore doucement…

Pinterest : nouvelle vie inde

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2018-11-20T05:08:54+00:00septembre 18th, 2018|L'Inde, Mon histoire|

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