Je suis partie pour la première fois en Inde avec mon ami Niko en aôut 2005. Je voulais faire un voyage exotique d’un mois (par « exotique », entendre « loin de l’Occident »). Très attirée par le bouddhisme, je rêvais d’abord du Tibet, mais c’était un pays difficile d’accès, et pratiquant le yoga depuis quatre ans l’Inde me tentait aussi beaucoup depuis un moment… De plus, ma plus grande aspiration dans la vie était d’aider autrui et la planète tout en ne cessant jamais d’apprendre, pour résumer de « suivre le Dharma »… Il fallait donc que j’aille voir la pauvreté de mes yeux. En quelques semaines nous avions notre billet, et quelques mois plus tard nous nous sommes retrouvé dans cet autre monde… Continuez la lecture pour un résumé de ma première fois en Inde.

Première fois en Inde : première semaine difficile

La première semaine était difficile. Il m’a fallu un temps d’adaptation. Le premier jour, quand je me suis retrouvée tout à coup dans la folie du trafic de Delhi et de tout ses rickshaws, abasourdie par cette différence écrasante, je me suis vraiment demandé ce que je fouttais là ! La circulation en dessus-dessous et le boucan terrible des klaxons en tous genres, les odeurs, les bâtiments délabrés, les rues surpeuplées, les gens curieux qui nous suivaient et les commerçants qui nous criaient d’entrer dans leurs magasins… Au début je me méfiais de tout, de la nourriture surtout, et de la moindre goutte d’eau sur un verre lavé pour ne pas me choper de cochonnerie. Mais finalement on s’habitue à tout, et au bout d’une semaine on était plus relax tous les deux, moins méfiants… Et on a commencé à vraiment profiter.

Première fois en Inde : le Gange, rivière sacrée des hindous

Varanasi

Varanasi 2005

Nous avons vu le Gange de quatre endroits; d’abord, à Varanasi, la ville sainte en Uttar Pradesh également appelée Bénarès ou Kashi (ville de lumière), où nous avons fait un tour en barque à 5H30 du matin la tête dans le pâté mais l’esprit serein de calme et les yeux éblouis par la beauté du soleil levant sur les ghats (les escaliers qui descendent vers le Gange), les temples colorés et les Hindous qui se purifient dans l’eau sacrée. Ensuite, nous avons vu Triveni Sangam à Allahabad, un autre lieu sacré où se rejoignent et le Gange et la Yamuna. Enfin à Haridwar ( « les portes de Dieu » en sanskrit) et Rishikesh (« les cheveux du sage ») dans l’état d’Uttarakhand, deux autres villes de pèlerinage bondées de temples, d’ashrams et de centres de méditation et de yoga.

Première fois en Inde : deux rencontres spéciales

Nous avons fait deux rencontres bien spéciales. La première a eu lieu à Khajuraho (la ville aux temples Kama Sutra) où nous avons sympathisé avec trois jeunes Indiens, dont l’un allait devenir mon mari mais je n’en n’avais alors absolument aucune idée !! Ils nous ont emmené faire un tour à vélo dans un petit village où personne ne parlait anglais, où tous les gamins ont posé sur nos photos, et où la famille d’un fermier nous a offert un délicieux thali  (plateau de différentes spécialités accompagnées de pains plats appelés chapati ). Ils nous ont aussi emmené sur une petite montagne, de laquelle j’ai pu admirer le paysage le plus beau de ma vie, à couper le souffle… Après deux jours en leur compagnie, ils nous ont invité à loger dans leur famille, où ils nous ont traité comme des rois et où une des (nombreuses) petites sœurs m’a fait un tatouage au henné sur le bras. C’est aussi là que j’ai été la plus malade, mais cette merveilleuse expérience restera tout de même bien ancrée dans ma mémoire.

First time in India: that breathtaking landscape

Première fois en Inde : ce paysage à couper le souffle

La deuxième rencontre a eu lieu à Orchha, jolie petite ville pittoresque du Madhya Pradesh. C’était celle d’un sâdhu, c’est-à-dire un yogi qui a abandonné toutes ses possessions et sa famille pour vivre une vie ascète et se consacrer à la quête vers l’éveil. Nous avons bien passé six heures avec ce sage, que les gens venaient idolâtrer en portant leur front à ses pieds et dont la barbe était une dreadlock d’un mètre de long. Le soir nous avons chanté des mantras assis en tailleur autour de lui, une expérience plutôt mystérieuse…

First time in India: Orchha 2005

Première fois en Inde : Orchha 2005 (photo de Nicolas Claisse)

La ville qui m’a le plus touché c’était probablement Dharamsala (McLeod plus précisément), non seulement parce que c’est la ville de résidence du Dalai Lama et de nombreux réfugiés tibétains, mais aussi car après trois semaines sous le un soleil de plomb, la douce température et les paysages montagneux nous ont énormément rafraîchis. J’ai adoré l’atmosphère de ce lieu beaucoup plus calme. Fini les commerçants agressifs, des beaux Tibétains partout, et les moines bouddhistes qui faisaient partie du paysage… Que c’était bon de tourner des moulins à prières bouddhistes en répétant Om Mani Padme Hum dans ma tête ! On aurait bien dévalisé toutes les boutiques de livres spirituels, et puis on a trouvé à manger des pâtisseries délicieuses et échangé la nourriture indienne épicée pour des spécialités tibétaines.

Dharamsala

Dharamsala 2005 (photo de Nicolas Claisse)

Première fois en Inde : pourquoi j’ai tant aimé

La beauté d’un grand voyage comme celui-ci réside probablement dans le fait qu’on vit complètement dans l’instant présent. En Inde j’ai tout oublié, je vivais chaque moment à fond. Chaque moment était tout simplement parfait, comme il se devait. J’avais un sourire constant sur les lèvres. Les gens étaient beaux, surtout les enfants qui nous courraient après en criant « Hello, what is your name? ». On a serré les mains, échangé des sourires, communiqué avec notre visage, pratiqué les cinq expressions d’hindi apprises pendant notre voyage. Une fois on a même signé des autographes une fois ! Bon, c’est vrai que nos estomacs n’étaient pas toujours d’accord. J’ai été malade trois fois, et dans ces cas-là c’était fatiguant de répondre à tout le monde et on a parfois aussi eu envie d’envoyer balader les conducteurs de rickshaw et les commerçants agressifs qui nous sollicitaient sans cesse.

Ganges River bath, Haridwar

Bain dans le Gange, Haridwar 2005 (photo de Nicolas Claisse)

On m’avait dit que la pauvreté me briserait peut-être le cœur, mais j’étais partie en connaissance de cause et je voulais voir la réalité en face. C’est sûr, on a vu des gens très pauvres, des handicapés qui marchaient sur une jambe et un bras, des moignons, un bec de lièvre non réparé, des gens qui dormaient à même le sol dans les gares ou les rues. Mais les gens la-bas étaient beaux. Il y a en Inde un énorme sentiment de retourner vers la Nature et la simplicité, et c’est un plaisir qui n’a pas de prix. Ce que j’ai ressenti la première fois en Inde, c’est que finalement, tous ces gens n’avaient pas beaucoup à m’envier. Que même si nous, les Occidentaux, étions plus riches matériellement, nous étions plus pauvres spirituellement. Les Indiens avaient peut-être moins mais ils étaient plus humains.

Pinterest : premiere fois en inde

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Dans l’avion de retour pour Europe je savais déjà que je retournerais en Inde un jour pour y rester longtemps. Et je voulais apprendre l’hindi.

NB: Cet article est la réédition d’un texte que j’ai écrit en septembre 2005. Il reflète fidèlement mes premières impressions de l’Inde et comment je m’y suis senti à l’époque ! Si j’avais écrit un tout nouveau texte sur ma première fois en Inde il aurait été très différent, puisque la mémoire change avec le temps. De plus, j’oublie souvent comment c’est de se retrouver en Inde pour la première fois maintenant que ce pays incroyable est le mien depuis si longtemps! Ce qui me déboussolait à l’époque est devenu normal…

La suite : Un an en Inde : 2007-2008

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