Coup de déprime et nouvelle échographie

Coup de déprime et nouvelle échographie

Il y a des jours où j’ai vraiment envie de me sauver de Khajuraho. Dans presque un mois je serai à Varanasi, et j’ai hâte de remplacer ma belle-famille par des bons amis occidentaux, de pouvoir ne pas prendre de douche ou ne pas faire ma lessive tous les jours si je n’ai pas envie, et de passer plus de temps avec Kishan.

Visite pesante de ma belle-sœur

En règle générale, j’ai trouvé un équilibre à la maison en petit commité (avec Kishan, sa mère, son petit frère et notre neveu) et avec le travail du homestay. Mais en ce moment la quatrième sœur de Kishan est en visite avec son mari et leur petit garçon, alors les habitudes familiales me pèsent : Mère et fille font constamment la cuisine ou le chai, elles passent leur temps à vérifier que tout le monde a bien pris sa douche ou a essayer de forcer les uns et les autres à manger plus. Et à longueur de journée ça discute de conflits de famille, de réputation et de respect. Quant-au beau-frère de Kishan, il passe son temps à chiquer du tabac et de la noix de betel assis sur sa chaise en regardant la télé.

Quand je vivais à Varanasi, un Français qui logeait dans la chambre à côté de la mienne dans notre guesthouse m’avait fait remarquer que nos propriétaires lui semblaient complètement névrosés, à ne rien faire de la journée à part cuisiner, manger, dormir et rester assis. Après toute ces années je repense toujours régulièrement à sa remarque au sujet des familles indiennes… Et mon neveu qui manque l’école pour un oui ou pour un non surtout quand il peut jouer avec son petit cousin, qui ne fait jamais ses devoirs et qui regarde tout le temps la télé… Ah, que ça me fait de la peine de voir à quel point l’esprit des enfants ici est si peu stimulé ! Toute la journée ils se chamaillent, il crient et font des bêtises, sur le fond énervant de cette stupide télé criarde que personne ne regarde vraiment. Rien de constructif, rien de créatif. Je suis parfois désolée de ne pas vouloir partager plus de temps avec ma famille car je les aime, mais je m’ennuie tellement à rester assise sur mes fesses à ne rien faire sans savoir quoi leur dire…

Encore une échographie à Chhatarpur

Enfin passons. Hier, nous sommes allés faire une autre échographie à Chhatarpur pour vérifier ce « crantage diastolique précoce » et le débit sanguin de Bébé. Dans le premier lieu que nous avions visité il y a trois semaines, la machine était toujours hors service ! Nous sommes donc allés dans le deuxième. C’était un hôpital très sombre et très « Indian style » dans lequel je ne pourrais jamais, jamais, mais alors jamais envisager d’accoucher, mais il était équipé d’une machine à échographie « Doppler couleur ». Puis quelque chose d’exceptionnel a attiré mon attention dans cet hôpital, tout en haut du mur de la salle d’attente. C’était un portrait de la Mère, collaboratrice spirituelle de Sri Aurobindo et fondatrice d’Auroville. Je n’en revenais pas de voir sa photo là, et toute de suite j’ai trouvé l’hôpital plus intéressant.

Nous n’avons pas eu besoin d’attendre longtemps pour l’échographie, sans doute car j’étais étrangère. La salle des ultrasons était aussi sombre que le reste de l’hôpital, avec un vieil homme à la tâche et un écran qui semblait dater de l’an quarante accroché au mur. J’ai demandé à ce que Kishan soit présent, et heureusement cette fois, il a été autorisé à entrer. Il y avait d’autres patients et d’autres hommes dans la pièce. J’ai grimpé sur le lit après une musulmane enceinte et j’ai découvert mon ventre. Kishan regardait l’écran du vieil homme, qui m’a demandé pourquoi j’étais ici. J’ai dit que je voulais vérifier le flux sanguin de mon bébé. Tout allait bien, mais le vieux m’a montré que le cordon ombilical était près du cou alors que je devais refaire une autre échographie dans un mois !!! Décidément, encore une arnaque ! J’ai demandé si le cordon était autour du cou, et il m’a répondu pas encore mais que je devais être prudente, et que si c’était le cas il faudrait faire une césarienne ! J’ai haussé les épaules, car je savais qu’un cordon ombilical enroulé est généralement juste un prétexte pour faire une césarienne. En dehors de cela, le débit sanguin est bon, Bébé pèse environ 1,5 kg et il/elle est toujours tête en bas. Mais non, je n’aurai pas besoin d’une césarienne, et toc !

« Sauvez la petite fille »

Au passage, ces affiches étaient accrochées sur les murs de l’hôpital. Il y a des choses auxquelles je ne m’habituerai jamais … Cliquez sur l’image pour lire la traduction.

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2018-11-06T18:52:14+00:00janvier 22nd, 2016|Femmes indiennes, Grossesse en Inde, Hôpitaux indiens|

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