Septième mois, bilan urinaire et sanguin, dilemme des vaccins et plus…

Septième mois, bilan urinaire et sanguin, dilemme des vaccins et plus…

Sommeil, œufs et café !

Hier soir j’ai éteint la lumière avant 23h00 et ce matin je me suis réveillée à 9h ! Ouaouh, dix heures de sommeil ! Il y a quelques années ma belle-mère m’aurait dit froidement: « Tu devras apprendre à te lever tôt ! » Elle ne me l’a dit qu’une ou deux fois, mais je ressens toujours un soupçon de culpabilité quand je me réveille « trop ​​tard ». Mais bon, à ce moment de ma vie je sais que je dois m’écouter et que le repos est important. Et heureusement elle ne me fait pas de remarque sur l’heure à laquelle je monte le matin. Ce soupçon de culpabilité me hante quand-même, mais certains jours je suis dans une humeur « vacancière » et je me fiche de ne rien faire. Je suppose que la météo m’aide car il a fait très chaud pour la saison. Normalement il fait très froid à cette période de l’année, et il a fait « vraiment » froid seulement pendant environ deux semaines en décembre. Aujourd’hui il fait beau, un temps parfait. Ces jours-là, je décide de m’occuper de moi et de faire ce qui me fait plaisir. Il n’y a pas grand chose à faire à Khajuraho pour me faire plaisir, à part aller manger une omelette sur des toasts avec un café, car Amma interdit les œufs à la maison et je bois rarement du thé ou du café pendant ma grossesse. Alors c’est ce qu’on a fait aujourd’hui avec Kishan : des œufs et du café, hahaha, la débauche !

De retour après le petit-déjeuner, j’ai juste envie de faire quelque chose de sympa et d’égoïste, comme écrire sur mon blog : commencer à taper et voir où les mots me mèneront… Aujourd’hui on a pris une photo de mon ventre pour l’envoyer à des amis, et j’avais envie de la poster car je la trouve jolie, raison supplémentaire pour bloguer ! J’aime cette photo pour son fond blanc et le pot de fleur. On me dit que je suis radieuse enceinte, peut-être que c’est vrai. J’ai pris cette photo car je porte un legging alors on voit bien mon ventre. C’est vrai que j’ai grossi car il ressort un peu plus que sur la dernière photo. C’est drôle comme certains jours je me trouve énorme alors que d’autres jours pas du tout ! En ce moment je ne me trouve pas grosse du tout…

Organisation indienne pour aller à Chhatarpur…

J’ai quand-même des choses à dire depuis mon dernier article, mais j’avais la flemme d’écrire jusqu’à aujourd’hui. La semaine dernière nous sommes encore allés à Chhatarpur pour une prise de sang et une analyse d’urine. C’était intéressant. Nous ne sommes pas allés à l’hôpital chrétien car évidemment je ne voulais pas. Alors Kishan a demandé à un ami s’il connaissait une bonne médecin (« lady doctor ») privée. Ce matin j’ai pris le temps de vérifier mes dossiers médicaux de Varanasi et de Delhi et de faire des recherches internet pour comprendre ce que je devais faire analyser exactement. « USG + CD » = « échographie avec Doppler couleur » (pour vérifier le flux sanguin vers le bébé) + « dépistage du diabète gestationnel ». Puis j’ai cherché « HbTCDC » et j’ai trouvé une page sur des anagrammes de HBTCDC au Scrabble, hahaha ! Mais ce que je voulais vraiment, c’était le « nombre total d’hémoglobines et le nombre différentiel ». Pourquoi les médecins écrivent-ils toujours de manière aussi cryptée ? Ensuite j’ai réalisé que c’était dimanche et je me suis demandée si les cliniques seraient ouvertes, mais Kishan m’a assuré que oui. Il a donc réservé un taxi pour 10h30 et je pensais que c’était un peu tard, mais comme d’habitude je n’avais aucun contrôle sur les plans indiens…

Je n’ai rien compris à ce qui s’est passé. D’abord, Kishan m’a dit qu’on irait chez une médecin dont j’ai oublié le nom qui était la meilleure de Chhatarpur. Puis il m’a dit qu’en fait on irait chez une autre. Le taxi était en retard et j’avais  l’impression qu’on ne partirait jamais. Je ne savais pas quoi faire en attendant alors je suis allée m’asseoir au soleil avec Kishan, frustrée. Il était déjà 11h30 et je lui ai demandé de rappeler le chauffeur puis j’ai laissé tomber. « Il est tard et c’est dimanche, alors ne risquons pas d’arriver trop tard et que tout soit fermé ». Je suis retournée dans notre chambre pour faire autre chose. Finalement, il était passé midi quand Kishan m’a appelé pour me dire de me préparer. Le taxi était là et on irait chez une médecin prénommée Neha, qui n’était ni la première ni la deuxième dont il avait parlé ! Enfin peu importe ! On va bien voir ! Il m’a assuré que cette femme avait été formée aux États-Unis et cela m’intriguait…

En route pour Chhatarpur pour mes analyses de sang et d’urine

En voiture, et hop nous voilà partis. Jusque-là j’étais d’humeur indifférente car je ne comprenais rien de ce qui allait se passer, mais une fois en route j’étais toute contente de partir à l’aventure. C’était chouette de sortir de Khajuraho car ça faisait longtemps, et en plus il faisait beau. Le petit frère de Kishan est venu avec nous parce qu’il voulait aller chez l’opticien (mais finalement il n’y est pas allé), et un de ses copains s’est joint à nous. Quand nous sommes arrivés à Chhatarpur une heure plus tard, le chauffeur nous a dit que nous devions continuer en rickshaw car le cabinet de la médecin était dans le « market ». Je ne savais pas pourquoi mais j’ai vite compris que c’était parce que les routes sont trop étroites pour les taxis dans cette partie de la ville. Dans ce coin-là c’était encore plus « l’Inde rurale » et les ruelles étaient jonchées de déchets. Je me demandais vraiment dans quel genre d’endroit on allait atterrir. Finalement on est arrivé dans une petite clinique, dans laquelle attendaient plein de gens qui avaient l’air pauvres. Nous sommes entrés et nous nous sommes rendus directement dans une pièce avec un bureau. Kishan m’a dit plus tard que nous n’avions pas attendu car son ami m’avait référée à la médecin. Après seulement quinze minutes Neha nous a appelé dans son cabinet. Effectivement elle semblait gentille, éduquée et qualifiée, et elle parlait très bien l’anglais ! De quelle planète venait-elle !? J’étais contente.

Analyses de sang et d’urine à Chhatarpur

Consultation avec la médecin Neha

Neha a vérifié mon dossier médical. Je lui ai montré le rapport du crantage diastolique précoce, je lui ai dit que je prenais des suppléments de L-arginine et elle savait de quoi je parlais. (J’avoue que je suis parfois trop sceptique vis-à-vis de l’Inde rurale…) Elle a pris ma tension, qui comme d’habitude s’est révélée parfaite. Elle m’a fait m’allonger sur un lit et a palpé mon ventre puis vérifié le rythme cardiaque du bébé avec un stéthoscope. Elle a aussi contrôlé la rétention d’eau dans mes chevilles et elle a inspecté ma langue. Ensuite nous sommes retournés à son bureau et elle a griffonné une ordonnance pour toutes les analyses d’urine et de sang que je devais faire, dans un laboratoire situé à quelques pas de son cabinet médical. Elle m’a également dit que je devrais prendre des suppléments en fer, en calcium et en protéines et (ce qui m’a le plus intrigué) elle m’a demandé si j’avais fait faire des vaccins contre le tétanos au cours de mes quatrième et cinquième mois de grossesse ! Hein !? Des vaccins pendant la grossesse, maintenant ?? Et pourquoi les médecins de Varanasi et de Delhi ne m’en avaient-elles pas parlé ? L’idée de me faire vacciner maintenant ne me plaisait pas du tout. Je ne me souvenais plus exactement de quand datait mon dernier rappel, et une fois rentrée j’allais vérifier et je ferais d’autres recherches sur Internet ! Avant de partir j’ai demandé à Neha si elle me conseillait de faire une échographie pour vérifier le flux sanguin de bébé, et elle m’a dit que ce n’était pas nécessaire.

Prise de sang et analyse d’urine au laboratoire

Nous avons marché dans les ruelles encombrées pour nous rendre au tout petit laboratoire, qui n’était que la pièce d’entrée d’une maison familiale protégée de la rue par des longs rideaux de plastique transparents. Nous avons dû enlever nos chaussures pour entrer, au moins, et bien qu’assez rustique, le lieu semblait propre. Nous avons donné mon ordonnance et avons attendu un peu. Ensuite je suis allée aux toilettes (pas très propres) de leur maison et j’ai uriné dans une petite bouteille que j’ai remise aux gars du laboratoire – sans couvercle et sans mon nom dessus, car il n’y avait personne d’autre que nous ils ont commencé les analyses immédiatement. Je suis retournée m’asseoir sur le banc pour regarder ce qu’ils faisaient, puis un autre homme est venu pour faire ma prise de sang. Nous avons attendu pendant un moment, puis le premier gars nous a dit que nous devions attendre encore quarante minutes pour obtenir les résultats. Nous avons donc décidé d’aller faire un tour pour manger, car il était déjà environ quinze heures et j’avais de plus en plus faim. Il n’y avait que de la nourriture de rue mais celle qu’on a trouvé était bonne, pas trop grasse et pas trop épicée. Ensuite nous sommes retournés au laboratoire et avons attendu encore un peu pour mes résultats. Les hommes m’ont donné mon papier, j’y ai jeté un coup d’œil et tout semblait en ordre.

De retour chez Neha et à la recherche d’un lieu pour l’échographie « couleur-doppler »

Nous sommes retournés à la clinique pour montrer mes résultats à Neha. Nous avons dû attendre un peu et elle n’était pas disponible, alors l’homme du laboratoire qui nous avait accompagné l’a appelée et m’a passé le téléphone. Elle m’a dit que tout allait bien. Entre temps j’avais vraiment commencé à me poser des questions sur ce vaccin contre le tétanos, et elle a insisté sur l’importance de le faire. J’ai redemandé si je devais faire l’autre échographie, et elle a répondu que oui alors qu’elle avait dit non la première fois… Ensuite elle a indiqué à Kishan un bon endroit pour la faire, et nous sommes allés enquêté quant-à sa location…

L’endroit était ouvert et j’ai demandé à l’homme qui était là si on pouvait faire un échographie « couleur doppler ». Il nous a dit que sa machine était hors service mais qu’il était le seul qualifié en ville pour la faire. J’ai dit aux garçons « OK, on rentre alors », mais un peu plus loin le frère de Kishan m’a assuré que le gars mentait. Evidemment, il nous disait qu’il était le seul qualifié pour qu’on n’aille pas voir ailleurs ! J’ai pensé que je ne serais jamais complètement indienne, car je n’avais pas déchiffré sa mentalité spontanément ! Nous sommes donc allés à la recherche d’un autre endroit, et en effet on en a trouvé un tout près, avec un panneau qui disait « कोलर डोप्लर » ( « color doppler » en hindi) ! Il était déjà plus de dix-sept heures, alors on est allé acheter les comprimés de calcium et la boisson protéinée (à la cardamome, miam !), puis on est rentré à Khajuraho. J’ai décidé de ne pas prendre les comprimés de fer car la boisson protéinée en contient déjà et je prends aussi de la spiruline…

A propos du dilemme des vaccins

Le dilemme des vaccins - CC0 / Public Domain

Le dilemme des vaccins – CC0 / Public Domain

De retour à Khajuraho, j’ai demandé conseil au groupe Facebook et j’ai fait des recherches sur Internet sur les vaccins contre le tétanos pendant la grossesse. J’ai découvert que ces vaccins sont spécialement prescrits dans les pays en développement pour protéger mère et bébé en croissance, ainsi que pour prévenir tout cas de « tétanos néonatal » qui survient généralement en cas d’infection du moignon ombilical non cicatrisé, surtout s’il est coupé avec un instrument non stérile. Ensuite j’ai consulté mon carnet de vaccination pour vérifier la date de mon dernier vaccin. Il a été fait en avril 2005 et est valable dix ans, c’est-à-dire jusqu’en avril 2015 ! Est qu’on est à une année près ? J’ai demandé conseil à de nombreux amis, et entre-temps le groupe Facebook m’a fourni maintes réponses, qui bien sûr disaient toutes des choses différentes… Beaucoup de femmes du groupe avaient fait les vaccins pendant leur grossesse, mais certaines ne l’avaient pas fait et tout s’était bien passé pour elles. L’une des principales sages-femmes du groupe était surprise que tant de femmes aient fait ces vaccins. De toute évidence, tout dépend aussi de la propreté de l’environnement lors de la naissance. Pendant plusieurs jours je suis restée indécise, alors j’ai contacté la gynécologue de Varanasi qui assistera à ma naissance pour lui demander pourquoi elle ne m’avait rien dit en octobre à propos des vaccins contre le tétanos. Sa réponse ? Elle sait que généralement les Européennes ne les font pas. Finalement j’ai demandé à mon père les coordonnées d’une de ses amies qui est médecin pour lui demander si elle pensait que j’étais toujours immunisée contre le tétanos après 11 ans. Elle m’a dit que oui, et que je devrais de toute façon faire vacciner mon bébé après sa naissance. Conclusion : pourquoi m’embêter maintenant ??

Ah la la quelle barbe les vaccins ! Et comme ils me mettent mal à l’aise ! Les médecins conventionnels vous font peur si vous ne les faites pas. Et puis il y a l’industrie pharmaceutique et tous les lobbies et bla bla bla. Ça fait peur, mais doit-on prendre les décisions dans la peur ? Mais oui je sais, je vis en Inde, et c’est pour ça que j’ai peur… Et puis il y a toutes ces polémiques qui disent que les vaccins sont pleins de produits nocifs tels que métaux lourds et fragments d’ADN et formaldéhyde, et j’ai même déjà lu un article sur le scandale de vaccins dans lesquels on avait trouvé de la matière fécale !!! Et comment je peux savoir ce qu’il y a dans les vaccins en Inde rurale moi ? Ici on ne trouve même pas de notice dans les boîtes de médicaments ! La prise de tête ! Enfin bon, pour l’instant je vais reporter toutes ces décisions jusqu’à APRÈS la naissance de Bébé et voilà !

Pour terminer avec quelques points

  • En ce moment je lis un nouveau livre, qui je suppose sera le dernier pour me préparer à la naissance de Bébé : L’Art de l’Allaitement Maternel, qui m’a été recommandé à l’unanimité par les membres du groupe Facebook. C’est un gros livre publié par la célèbre association internationale d’allaitement La Leche League qui répond à TOUTES les questions qu’on peut avoir sur l’allaitement maternel. J’espère que grâce à lui tout se passera bien pour moi car je souhaite allaiter mon bébé le plus longtemps possible ! C’est pour cela que la Nature a créé nos seins, non ? Je ne sais pas comment je ferais sans ces groupes Facebook, grâce auxquels je me sens moins seule avec ma « grossesse éduquée à Khajuraho » !
  • Tous les jours avant d’aller me coucher, j’aime m’allonger sur le dos avec un polochon sous mes genoux et sentir mon bébé bouger. Il y a quelques jours j’ai aussi remarqué que je pouvais le voir bouger (et je me demande bien pourquoi je n’avais pas remarqué ça avant !!!) C’était vraiment rigolo ! Alors j’ai fait des vidéos de mon ventre bouger avec Bébé. La dernière « vague » est particulièrement forte, tout à la fin de la vidéo après le changement de mise au point de l’objectif.
  • Je ne sais pas pourquoi, mais Kishan et moi n’arrivons vraiment pas à imaginer que Bébé sera une fille… On a du mal à l’appeler « elle ». On verra bien si notre feeling est juste ou non…
  • Depuis quelques semaines j’ai commencé à rédiger un plan d’accouchement pour pouvoir mieux communiquer mes souhaits à la médecin de Varanasi, et pour rendre mes désirs plus « officiels », en quelque sorte. Je souhaite simplement que mon accouchement soit aussi normal et naturel que possible. Je veux éviter toute intervention médicale si possible, et je tiens certainement à préciser très clairement que je ne veux pas de césarienne sauf si c’est absolument nécessaire !
  • Dans moins de deux mois je serai à Varanasi pour attendre la naissance ! Je dois avouer que bien que j’aime profiter de ma solitude tranquille dans notre chambrette, je commence à vraiment m’impatienter pour savoir à quoi ressemblera Bébé. Et puis surtout, j’ai hâte de savoir comment ce sera de vivre de « l’opposé de la mort »… Est-ce que je vais y arriver ? Combien de temps ça prendra ? Qui m’accompagnera ? Etc. etc….. L’Inconnu avec un grand I !

Plus de lecture : Coup de déprime et nouvelle échographie

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2018-11-10T15:39:02+00:00janvier 10th, 2016|Grossesse en Inde, Hôpitaux indiens|

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